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Le Chikungunya

D' origine bantoue signifiant « qui se recourbe, se recroqueville », le Chikungunya n' est pas une maladie nouvelle. Son nom a été utilisé pour la première fois en 1953 lors d' une épidémie en Tanzanie. La crise à l' île de la Réunion l' a sortie des oubliettes en mettant en lumière un moustique responsable de la contamination ; l' Aedes Albopictus. Mais il en existe un autre qui risque bientôt de lui voler la vedette ; celui-là répond au doux nom d' Aedes Aegypti plus présent dans la Caraïbe. Ces moustiques sont les principaux vecteurs épidémiques connus à ce jour à cause de leur adaptation aux zones d' habitat humain.




Aedes Albopictus                                                                                              Aedes Aegypti

La transmission du virus d' homme à homme n' est pas démontrée. Il y a de fortes suspicions de transmission in-utéro entre la mère et l' enfant. Le moustique, en piquant une personne infectée, récupère le virus et peut ainsi le propager - injection de salive anticoagulante dans un vaisseau sanguin de sa victime-.

Les symptômes de la maladie sont caractérisés par de fortes fièvres et courbatures ; ce virus n' est pas mortel mais peut être fatal chez les personnes déjà faibles puisqu' il n' existe ni vaccin, ni traitement préventif - pour l' instant-. L' incubation de la maladie dure 4 à 7 jours ; la période de présence du virus dans le sang et donc de transmission possible s' étale sur environ 5 jours ; les anticorps se déclarent ensuite ; l' immunité est donc acquise à vie.

Le moustique Aedes Albopictus vecteur du Chikungunya et de la Dengue, établi dans plusieurs parties du monde et notamment sur la Côte d' Azur, est en phase d' expansion au point de coloniser la planète, estime un chercheur de l' IRD - institut de recherche pour le développement - à Montpellier.

Pour l' instant, mieux vaut prévenir que guérir. Le plus important est d' empêcher la prolifération de moustiques. La mesure la plus simple consiste à vider tout récipient contenant de l' eau ; d' une façon générale, une eau stagnante non croupie et à l' ombre est source de pontes. Il faut savoir que seules les femelles piquent et que les oeufs pondus par ces dernières infectées ne sont pas contaminés. Enfin, la panoplie anti-moustiques disponible en hypermarché empêcherait en grande partie de se faire piquer.




Le Chikungunya fait rage à la Réunion et s' étend dans l' Océan Indien

Apparue à la Réunion au printemps 2005, cette épidémie connaît un pic depuis la fin 2005, dans ce département, et touche désormais plus du quart des 760 000 habitants - soit 204 000 personnes contaminées et 125 décès en 2006 - bien qu' on constate un ralentissement de sa progression.

Le virus qui semblait avoir épargné jusque là les autres pays de l' Océan Indien, prend désormais d' importantes proportions à Mayotte.

Plus de 2 000 cas de chikungunya ont été officiellement déclarés dans cette île française, soit une centaine de cas par jour et une flambée rapide dans certains villages.

Ces chiffres officiels sont probablement en dessous de la réalité, en raison de la présence de nombreux clandestins. Touchées dans une moindre mesure par la maladie de « l' homme courbé », les autres îles de l' Océan Indien, notamment les Seychelles et Maurice très prisées par les touristes, s' organisent pour enrayer l' épidémie.

Aux Seychelles, quelque 4 000 personnes ont été contaminées, mais aucun décès lié au chikungunya n' a été enregistré.

A Maurice, les responsables sanitaires ont fait état de 1 360 cas depuis début 2006. Un décès suspect a fait l' objet de prélèvements dont on attend les résultats.

A Madagascar et aux Comores, deux pays très pauvres de la zone, aucun cas ni décès lié au virus n' a été officiellement répertorié. Toutefois des centaines de cas de fièvre douteuse ont été signalés fin janvier-début février à Madagascar, touchée par aïlleurs par une épidémie de dengue et de paludisme.

L' archipel des Comores a subi une épidémie de chikungunya - 5 000 cas de contamination - qui a pris fin en juin 2005.

Enfin, dans le Pacifique, la Nouvelle-Calédonie a décidé elle aussi de renforcer sa lutte contre les moustiques qui ont proliféré depuis les récentes pluies.

( Sources : France-Antilles Madinina du 04/03/06 avec mise à jour chiffres Réunion ). 

 

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